Comment informer les parents sur les droits de leur enfant en matière de santé auditive dès les premiers jours de sa vie ? En Thaïlande, l’agence CJ WORX et la Cochlear Implant Association of Thailand ont choisi un support aussi simple que symbolique : une couverture pour nouveau-né.
Baptisée « The Blankets of Rights », l’initiative transforme cet objet associé aux premiers instants de la vie en outil d’information sur le dépistage, le diagnostic et la prise en charge de la perte auditive chez les jeunes enfants.
L’enjeu est important. Selon les données présentées dans le cadre de la campagne, trois bébés sur 1 000 naissent chaque année avec une perte auditive en Thaïlande. Pour les enfants susceptibles de bénéficier d’un implant cochléaire, une identification et une prise en charge précoces peuvent jouer un rôle important dans le développement de l’audition, de la parole et du langage.
Pourtant, de nombreuses familles n’accéderaient pas suffisamment tôt aux dispositifs disponibles, notamment en raison d’un manque d’information sur leurs droits et sur les solutions de prise en charge existantes.
Un déficit d’information plutôt qu’un manque de dispositifs
Selon CJ WORX et la Cochlear Implant Association of Thailand, l’un des principaux obstacles réside dans la méconnaissance des dispositifs auxquels les familles peuvent avoir accès.
La campagne indique que le dépistage auditif, le diagnostic, la chirurgie d’implantation cochléaire lorsqu’elle est médicalement indiquée ainsi que la réadaptation sont accessibles gratuitement dans le cadre des dispositifs concernés. Encore faut-il que les familles connaissent l’existence de ces services et sachent vers quelles structures se tourner.
C’est précisément sur ce déficit d’information que « The Blankets of Rights » cherche à agir. Plutôt que de créer un support de communication traditionnel, ses concepteurs ont intégré le message à un objet directement présent auprès des nouveau-nés et de leurs parents.
Les motifs de la couverture deviennent un parcours d’information
La particularité du dispositif repose sur le design de la couverture. Ses motifs ont été repensés afin de représenter les différentes étapes du parcours auditif de l’enfant, du dépistage à l’accompagnement nécessaire lorsqu’une perte auditive est détectée.
Un QR code intégré à la couverture permet également aux parents d’accéder directement aux ressources de la Cochlear Implant Association of Thailand. Ils peuvent ainsi obtenir des informations sur les droits de leur enfant, demander des conseils et découvrir les solutions d’accompagnement disponibles.
Le support remplit donc une double fonction : conserver son utilité première auprès du nouveau-né tout en devenant un point d’accès à des informations médicales et administratives.
Quand le design devient un média
D’un point de vue publicitaire, « The Blankets of Rights » illustre une approche dans laquelle le support lui-même devient un média. La campagne ne cherche pas uniquement à attirer l’attention par un message : elle intègre l’information dans un objet directement associé au moment où celle-ci peut devenir particulièrement pertinente pour les familles.
Cette logique permet également de rapprocher un sujet médical parfois complexe d’un environnement familier. La couverture devient ainsi un intermédiaire entre les parents et les structures susceptibles de les accompagner.
Le choix du support possède aussi une dimension symbolique. Un objet destiné à protéger et à réconforter un nouveau-né devient parallèlement un moyen de sensibiliser sa famille à ses droits en matière de santé auditive.
Pour CJ WORX et la Cochlear Implant Association of Thailand, l’objectif est d’encourager une prise de conscience suffisamment précoce pour permettre aux enfants concernés d’accéder rapidement au dépistage, au diagnostic et, lorsque cela est nécessaire, à une prise en charge adaptée.
À travers « The Blankets of Rights », la communication à impact social s’éloigne ainsi des formats publicitaires conventionnels. Le projet montre comment le design et l’information peuvent être associés pour transformer un objet du quotidien en outil de sensibilisation, avec l’ambition de réduire l’écart entre l’existence de dispositifs de prise en charge et leur connaissance effective par les familles.