Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, envisage de mener des tests en Europe afin de permettre à ses utilisateurs de télécharger des applications mobiles sans passer par les boutiques d'Apple et de Google. Cette initiative intervient en prévision de l'entrée en vigueur du Digital Markets Act européen (DMA) et vise à concurrencer les deux géants technologiques.
Selon le site The Verge, un porte-parole de Meta a confirmé cette information, précisant que les premiers tests seront réalisés avant la fin de l'année, avant que le DMA ne soit effectif en 2024. Dans un premier temps, ces tests se limiteront au système Android, qui permet déjà le téléchargement d'applications en dehors de la boutique de Google, bien que certaines restrictions existent.
Le DMA, adopté l'année dernière, a pour objectif de renforcer la concurrence dans le domaine du numérique. Il prévoit notamment l'ouverture de la distribution des applications mobiles, obligeant Apple et Google à autoriser les utilisateurs à télécharger des boutiques alternatives où les règles habituelles, telles que l'utilisation du système de paiement des deux géants américains ou le prélèvement de commissions, ne s'appliqueront pas.
Pour réussir dans ce marché, Meta compte sur son format publicitaire "app install ads" qui permet aux développeurs de promouvoir leurs applications mobiles moyennant un paiement. Le réseau social promet un taux de conversion plus élevé pour ces publicités, car le processus d'installation sera intégré directement à Facebook ou Instagram, offrant ainsi une installation plus rapide.
En outre, Meta ne prévoit pas de prélever des commissions sur les ventes ou les abonnements, du moins au début. Cette approche est rendue possible par le fait que la société cherche avant tout à inciter les développeurs à dépenser davantage sur sa plateforme publicitaire, qui constitue le cœur de son modèle économique. Cependant, il est à noter que les commissions sur les applications de réalité virtuelle de Meta sont d'au moins 30%.
Il convient de rappeler que Meta s'est déjà intéressée à la distribution d'applications par le passé. En 2016, lorsque l'entreprise s'appelait encore officiellement Facebook, elle avait lancé les "jeux instantanés" permettant aux utilisateurs d'accéder à des jeux occasionnels sans avoir à les télécharger depuis les boutiques d'applications. Bien que cette plateforme existe toujours, elle n'a jamais connu un franc succès.
Avec ces nouveaux tests, Meta cherche à capitaliser sur le DMA européen et à proposer une alternative aux boutiques d'Apple et de Google, tout en renforçant sa position sur le marché de la publicité mobile.