Quand les Jeux olympiques d’hiver s’ouvrent, la première compétition se joue souvent loin des pistes. Lors de la cérémonie d’ouverture, chaque délégation dispose de quelques secondes pour projeter son image au monde. À Milano-Cortina 2026, le Brésil a choisi de marquer les esprits en confiant ses tenues officielles à Moncler, maison italienne emblématique du vestiaire alpin.
Un choix audacieux pour un pays peu associé aux sports d’hiver, mais qui prend tout son sens à travers une collaboration étroite avec le créateur brésilien Oskar Metsavaht, fondateur de la marque Osklen.
Une esthétique épurée, loin des clichés
Pas de références tropicales ni de palette flamboyante. Pour le défilé olympique, les athlètes brésiliens arboreront des silhouettes sobres, dominées par le blanc et le bleu. Les manteaux longs et fluides, fidèles à l’ADN montagnard de Moncler, misent sur la retenue et la puissance visuelle.
Ce parti pris minimaliste agit comme une déclaration : le Brésil ne se présente pas comme une curiosité exotique, mais comme un acteur à part entière de l’événement. Le blanc impose une présence calme, tandis que le bleu inscrit l’ensemble dans une identité maîtrisée, presque glacée.
Le vêtement comme soutien mental
Pour Oskar Metsavaht, dont le parcours inclut la médecine du sport et l’orthopédie, l’habit dépasse la simple fonction esthétique. Il devient un outil de soutien. Les tenues ont été pensées comme une véritable « armure psychologique », destinée à protéger les athlètes du froid, mais aussi de la pression symbolique liée à la représentation nationale.
La construction des manteaux évoque un exosquelette : une structure textile qui guide la posture et renforce la confiance. Cette rigueur formelle est toutefois nuancée par une touche subtile d’identité brésilienne. À l’intérieur des pièces, les couleurs du drapeau apparaissent discrètement, révélées par le mouvement, sans jamais s’imposer frontalement.
Un hommage au patrimoine de Moncler
La collection dialogue également avec l’histoire de Moncler. Certaines lignes s’inspirent de la légendaire veste Karakorum, conçue à l’origine pour les grandes expéditions alpines, notamment sur le K2. Une référence assumée à la performance, à l’altitude et à la résistance.
Les matières techniques, comme le nylon laqué recyclé, côtoient des coupes plus cérémonielles, pensées pour le rythme solennel du défilé. Les porte-drapeaux porteront des versions allongées et spectaculaires, tandis que le reste de la délégation déclinera des nuances de bleu et de vert dans un ensemble cohérent et mesuré.
Quand la sobriété devient un message
À l’heure où l’image est omniprésente, le choix de la retenue prend une dimension presque politique. En avançant enveloppé de blanc, le Brésil affirme sa présence sans tapage, avec assurance et élégance.
À travers cette collaboration, Moncler et Oskar Metsavaht rappellent que la mode peut être un langage silencieux mais puissant. Un vêtement peut protéger, structurer et raconter une histoire. Sur la neige italienne, le Brésil démontre qu’il est capable de construire son propre récit, même loin de ses paysages habituels.
Dans la même dynamique, d’autres nations misent sur l’expression culturelle, à l’image d’Haïti, qui a choisi des uniformes peints à la main et inspirés de l’art local pour affirmer son identité lors des JO d’hiver 2026.