Seize ans après une célèbre cascade automobile associée à Mercedes et Michael Schumacher, le constructeur chinois Voyah reprend le principe du looping dans un tunnel. Mais la marque veut surtout transformer cette prouesse en démonstration commerciale, en affirmant que son SUV électrique utilisé pour la cascade était un modèle de série.
Une cascade spectaculaire pour un SUV électrique
Un SUV électrique qui roule au plafond d’un tunnel : l’image semble sortie d’un film d’action. C’est pourtant la démonstration choisie par Voyah, marque premium du groupe chinois Dongfeng, pour mettre en avant son modèle Passion S.
La scène a été réalisée dans un tunnel fermé à Wuhan, en Chine. Le véhicule entre dans une structure spécialement aménagée, prend suffisamment de vitesse pour effectuer une rotation complète à 360 degrés, puis retrouve la piste après son passage au plafond.
L’objectif n’est pas seulement de produire une séquence spectaculaire. Pour Voyah, cette performance doit surtout servir de preuve des capacités dynamiques de son SUV électrique.
Un clin d’œil à une cascade devenue virale
Le constructeur chinois s’inscrit dans une histoire déjà connue des amateurs de publicité automobile.
En 2010, Mercedes avait marqué les esprits avec une vidéo mettant en scène Michael Schumacher au volant d’une SLS AMG dans une séquence de looping réalisée dans un tunnel.
La performance avait rapidement suscité des interrogations sur les éventuels effets numériques utilisés pour produire les images.
Voyah reprend aujourd’hui un concept similaire, mais cherche à modifier la narration : la question n’est plus seulement de savoir si la cascade est impressionnante, mais si elle peut être considérée comme authentique.
Une marge d’erreur réduite au minimum
La réalisation reposait sur un réglage extrêmement précis de la vitesse et de la trajectoire.
Le véhicule devait atteindre environ 130 km/h avant d’aborder une rampe inclinée à 16 degrés. Une différence de quelques kilomètres par heure pouvait modifier la trajectoire et compromettre l’atterrissage.
La contrainte est particulièrement forte pour un SUV de grande taille, dont la masse dépasse les deux tonnes et demie.
Cette dimension technique donne à la vidéo une fonction supplémentaire : elle transforme une cascade publicitaire en démonstration des performances revendiquées par le constructeur.
Voyah mise sur un véhicule proche de la série
Le principal argument de communication de Voyah concerne justement le véhicule utilisé pour cette opération.
La marque affirme que le Passion S engagé dans la cascade était un modèle de série, sans préparation destinée à alléger spécifiquement le véhicule pour l’exercice.
Le SUV aurait conservé sa batterie et ses caractéristiques mécaniques annoncées, avec une puissance de 475 kW et un couple de 765 Nm, associés à une architecture électrique 800 volts.
Pour le constructeur, cette précision est essentielle : la performance serait beaucoup moins spectaculaire si elle avait été réalisée avec un prototype conçu spécialement pour supporter la cascade.
Montrer l’essai raté pour gagner en crédibilité
Voyah ne s’est pas contenté de publier les images de la réussite. La marque a également diffusé des images de l’essai qui n’a pas abouti avant la prise finale.
Ce choix répond à une logique de communication particulièrement intéressante.
Dans une publicité automobile traditionnelle, l’échec est généralement invisible. Ici, il devient au contraire une partie du récit. En montrant les difficultés rencontrées avant la séquence réussie, Voyah cherche à convaincre le public que la performance n’a pas été artificiellement construite au montage.
Le « one take » devient donc presque aussi important que le looping lui-même.
Quand la preuve devient une stratégie publicitaire
Cette opération illustre une évolution des campagnes automobiles spectaculaires. À l’heure où les images générées par ordinateur et les outils numériques permettent de produire des scènes toujours plus extraordinaires, les marques doivent aussi convaincre leur audience de leur authenticité.
Voyah répond à cette défiance en faisant de la transparence une composante du spectacle : véhicule présenté comme proche de la série, vidéo complète et diffusion d’un essai manqué.
La cascade devient ainsi plus qu’un exploit mécanique. Elle constitue un dispositif publicitaire pensé pour être commenté, partagé et vérifié.
Pour Voyah, le véritable défi était finalement de réussir deux performances en une : faire tenir un SUV électrique au plafond d’un tunnel et convaincre le public qu’il l’a réellement fait.