A l'approche du Mondial-2018, le groupe beIN Media, basé au Qatar, a demandé à la Fifa de prendre des mesures juridiques fortes pour mettre fin au "piratage" d'Arabsat, opérateur majoritairement saoudien, nouvel épisode dans la crise entre Doha et Ryad.
En effet, une crise diplomatique sans précédent oppose le Qatar à l'Arabie saoudite. Les deux pays n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis le 5 juin 2017.
BeIN, basé à Doha, détient des droits de retransmission exclusifs à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de la totalité des 64 matches de la Coupe du monde en Russie (14 juin-15 juillet).
Des policiers en Arabie saoudite confisquent des décodeurs beIN dans des hôtels et des restaurants avant la Coupe du monde, affirme le groupe qatari. Il exsiste par ailleurs un réseau pirate, connu sous le nom de "beoutQ" qui utilise un signal d'Arabsat pour retransmettre illégalement des programmes du groupe qatari.
Ce phénomène a débuté en octobre 2017 et pris de l'ampleur à travers tout le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, représentant, toujours selon beIN, un manque à gagner considérable pour le groupe et tous les détenteurs de droits.
beIN Media dit qu'il ne peut pas entreprendre lui-même d'action juridique en Arabie saoudite car il ne peut pas être représenté par un avocat en raison du boycott contre le Qatar.
"Nous avons demandé à la Fifa (Fédération internationale de football) d'entreprendre une action légale directe contre Arabsat, via la justice, des discussions sont en cours et la Fifa est "très favorable à ce que nous faisons", a déclaré lundi à l'AFP Sophie Jordan, directrice juridique du groupe beIN Media, en estimant que cette pratique menaçait l'ensemble des détenteurs de droits.
De son côté la Fifa a déclaré, dans un communiqué, qu’elle " prend les violations de sa propriété intellectuelle très au sérieux" et qu’elle fera de son mieux pour "combattre" les infractions, y compris "le streaming illégal et les retransmissions sans autorisation". "L'instance suprême du football mondial travaille avec différents partenaires pour minimiser l'impact des violations dont elle fait l'objet au Moyen-Orient et en Afrique du Nord", affirme le communiqué.