À Casablanca, l’ouverture de la neuvième édition des Impériales Week s’est imposée comme un moment de réflexion sur l’avenir de l’industrie de la communication. Face aux professionnels du secteur, Anouar Sabri a livré un discours dense, structuré autour d’un constat clair : la transformation en cours impose une redéfinition profonde des rôles et des pratiques.
Dès les premières minutes, le ton est posé. « Notre industrie est avant tout une industrie de récits, capable de donner du sens aux marques, aux institutions et, plus largement, à la société », affirme-t-il, rappelant la vocation première d’un secteur souvent réduit à sa dimension opérationnelle.
Dans un environnement marqué par des mutations rapides, il souligne que « nous évoluons aujourd’hui dans un environnement où les repères changent rapidement, sous l’effet de transformations profondes et durables ». Digitalisation, recomposition des modèles économiques, évolution des usages : autant de dynamiques qui redessinent les contours de la communication.
Dans ce contexte, le rôle du secteur s’élargit. « La communication ne se limite plus à transmettre des messages, elle structure désormais la relation entre les marques, les institutions et les citoyens », insiste Anouar Sabri. Une évolution qui confère à la marque une place centrale : « La marque est devenue un actif stratégique, un levier de différenciation et de projection dans un monde en mutation. »
L’un des axes majeurs du discours concerne l’intelligence artificielle. Si son adoption progresse, son intégration reste encore inégale. « L’intelligence artificielle transforme déjà nos métiers, mais son véritable enjeu reste humain : compétences, gouvernance et vision », souligne-t-il. Une transformation qui redéfinit la valeur même du secteur : « La valeur repose aujourd’hui sur notre capacité à combiner créativité, data et compréhension stratégique. »
Au-delà des outils, c’est aussi la relation avec les publics qui évolue. « Les audiences ne sont plus passives : elles participent pleinement à la construction des perceptions et des récits », observe-t-il. Une réalité qui impose de repenser les approches traditionnelles. « La relation entre les marques et leurs publics doit désormais s’inscrire dans la durée, autour de la co-construction, de la cohérence et de la crédibilité. »
Le discours prend également une dimension nationale. Dans un Maroc engagé dans une trajectoire de développement et de rayonnement à l’horizon 2030, la question du récit devient centrale. « Le Maroc avance dans une trajectoire ambitieuse, où le narratif devient un enjeu stratégique de rayonnement et d’attractivité », affirme Anouar Sabri.
Dans cette perspective, le nation branding s’impose comme un levier structurant. « Le nation branding n’est plus un sujet secondaire : c’est un levier de souveraineté et de projection internationale », insiste-t-il, appelant le secteur à s’inscrire pleinement dans cette dynamique.
L’industrie de la communication est ainsi invitée à jouer un rôle actif dans l’accompagnement des transformations du pays. « Notre industrie a un rôle clé à jouer pour rendre lisibles les transformations en cours et accompagner les dynamiques du pays », précise-t-il.
Mais cette ambition suppose des efforts collectifs. « Nous devons structurer davantage notre écosystème, renforcer les synergies et investir dans les talents », plaide-t-il, insistant sur la nécessité d’un repositionnement global du secteur.
Le thème de cette édition, « Daba Or Never », prend alors tout son sens. « C’est le moment d’agir, de confronter les idées et de faire émerger des solutions concrètes », lance Anouar Sabri, appelant à dépasser le stade du diagnostic.
Enfin, une interrogation demeure, posée comme un défi collectif : « La véritable question aujourd’hui est notre capacité collective à transformer nos atouts en trajectoire ambitieuse. » Une question qui résonne comme une invitation à inscrire durablement l’industrie de la communication dans les dynamiques de transformation du Maroc.