À l’heure où de nombreux pays cherchent à réduire l’impact sanitaire du tabagisme, les alternatives sans combustion suscitent un intérêt croissant auprès des acteurs de la santé, des chercheurs et des industriels. C’est dans ce contexte que s’est tenue à Rabat la conférence « Technovation Smoke-Free », organisée par Philip Morris International (PMI), avec pour ambition d’ouvrir le débat sur les innovations destinées aux fumeurs adultes et sur les politiques publiques susceptibles d’accompagner cette transition.
Au fil des échanges, plusieurs experts ont abordé les enjeux liés à la réduction des risques, à l’encadrement réglementaire et à l’accès à l’information scientifique. Les discussions ont également mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les pays émergents dans l’adoption de nouvelles solutions technologiques destinées à accompagner l’évolution des comportements liés au tabac.
Une transformation industrielle portée par l’innovation
Lors de son intervention, Tommaso Di Giovanni, Vice President Communications and Engagement chez PMI, est revenu sur la transformation engagée par le groupe au cours des dernières années. Selon lui, l’entreprise a progressivement réorienté ses investissements vers les produits sans fumée, présentés comme une alternative destinée aux fumeurs adultes qui continuent à consommer des cigarettes.
« Nos investissements dans les produits sans fumée reposent sur une conviction simple : dans les pays où ces alternatives sont disponibles, elles constituent un levier important pour convaincre les consommateurs adultes de quitter la cigarette. »
Le responsable a rappelé que PMI a consacré plus de 16 milliards de dollars à la recherche, au développement et à la commercialisation de ces solutions depuis 2008.
« Aujourd’hui, 1 600 collaborateurs, parmi lesquels des ingénieurs et des scientifiques, travaillent sur ces produits. Plus de 99,7 % de nos dépenses de recherche et développement leur sont consacrées. »
Selon lui, cette stratégie a permis à l’entreprise de développer une présence internationale importante dans le segment des produits sans fumée, qui représentent désormais une part significative de son activité.

Le rôle de la réglementation dans l’accompagnement du changement
Les échanges ont également porté sur les conditions nécessaires à l’émergence d’un cadre réglementaire adapté aux innovations liées à la réduction des risques.
Le professeur David Khayat, spécialiste en oncologie à l’Université Pierre-et-Marie-Curie en France, a souligné l’importance d’une approche équilibrée conciliant innovation, information et protection du consommateur.
« À la question de savoir ce qu’est une réglementation intelligente, la réponse repose sur trois piliers essentiels. »
L’expert estime qu’un environnement réglementaire efficace doit permettre l’accès à une information fiable, encourager l’innovation et favoriser le développement de solutions alternatives.
« Si ces trois conditions sont réunies, alors la réglementation remplit déjà une grande partie de son rôle. »
Selon lui, les politiques fiscales, les actions de sensibilisation et la mobilisation des acteurs publics peuvent également contribuer à accélérer les évolutions de comportement.

Comprendre les risques liés à la combustion
Une partie importante de la conférence a été consacrée aux mécanismes scientifiques associés aux maladies liées au tabagisme.
Le professeur Khayat a rappelé que le niveau de risque dépend principalement de l’intensité et de la durée de l’exposition aux substances nocives.
« Le risque de développer un cancer dépend toujours du niveau d’exposition. C’est ce que l’on appelle la relation entre la dose et la réponse. »
L’oncologue a expliqué que la combustion du tabac demeure la principale source de substances toxiques associées aux cancers liés au tabagisme.
« La fumée du tabac contient entre 6 000 et 7 000 substances chimiques ainsi que des particules ultrafines. Parmi elles, près d’une centaine sont identifiées comme potentiellement cancérigènes. »
L’expert a également tenu à rappeler que l’arrêt complet du tabac reste l’option la plus bénéfique pour la santé.
« Il est essentiel de rappeler que la meilleure solution reste toujours l’arrêt complet du tabac. »
L’Afrique appelée à jouer un rôle plus actif dans l’innovation
Au-delà des aspects scientifiques et réglementaires, plusieurs interventions ont insisté sur la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres approches en matière de santé publique.
Le professeur Khayat a notamment plaidé pour une meilleure prise en compte des réalités locales dans l’élaboration des politiques sanitaires.
« Les pays du Sud, qu’il s’agisse du Sénégal, de l’Égypte, du Maroc ou de la Tunisie, doivent élaborer leurs propres politiques en s’appuyant sur les données scientifiques disponibles. »
Pour les participants, le continent dispose aujourd’hui d’atouts importants pour devenir un acteur à part entière de l’innovation dans le domaine de la santé et des technologies.
Un enjeu majeur de santé publique
La conférence de Rabat a finalement mis en évidence une conviction largement partagée : la réduction du tabagisme demeure un objectif prioritaire à l’échelle mondiale.
Si les approches diffèrent selon les pays et les contextes, les intervenants s’accordent sur la nécessité de poursuivre la recherche scientifique, de renforcer l’information des consommateurs et d’encourager le dialogue entre institutions, professionnels de santé et acteurs économiques.
En clôture de son intervention, le professeur David Khayat a résumé son message en une phrase simple : « Ne fumez pas. »