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Le Maroc numérique : vers une nouvelle dynamique ?

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Le temps de l’accélération

Il y a encore quelques années, le numérique au Maroc renvoyait principalement à la digitalisation des services, à la modernisation de l’administration et au développement de l’offshoring. Depuis, le sujet a changé de dimension.

Derrière le numérique se jouent désormais des enjeux plus stratégiques : souveraineté technologique, intelligence artificielle, données, infrastructures, talents, compétitivité et capacité du Royaume à maîtriser les technologies qui façonneront son économie dans les prochaines années.

C’est dans cette évolution qu’il faut situer aujourd’hui Maroc Digital 2030.

Présentée en 2024, cette stratégie affichait une ambition claire : faire du numérique un levier de développement économique et social, tout en positionnant le Maroc comme un hub digital. Deux ans plus tard, elle semble entrer dans une nouvelle phase, marquée par un élargissement progressif de ses objectifs et de ses applications.

Une stratégie qui mûrit

Maroc Digital 2030 ne se présente plus uniquement comme une feuille de route à dérouler jusqu’à l’horizon 2030. Les chantiers engagés ont progressivement élargi le champ de réflexion, notamment autour de l’intelligence artificielle.

La question n’est plus seulement de digitaliser davantage le pays ou d’adopter les technologies existantes. Elle porte désormais sur la capacité du Royaume à développer ses propres compétences, ses infrastructures, sa recherche et ses solutions.

C’est dans cette perspective que s’inscrit AI Made in Morocco. L’initiative apparaît comme un prolongement de Maroc Digital 2030 : une étape où l’ambition numérique se traduit par la volonté de renforcer les capacités nationales en matière d’intelligence artificielle, de recherche, de formation et d’innovation.

La création de JAZARI et de JAZARI ROOT, le développement d’infrastructures et de centres de recherche, ainsi que l’objectif de former 100 000 talents numériques par an à l’horizon 2030 témoignent de cette orientation.

Les grandes lignes définies en 2024 ouvrent ainsi la voie à une réflexion plus large sur la souveraineté technologique et sur la place que le Maroc souhaite occuper dans la prochaine économie numérique.

De la digitalisation de l’administration à l’intelligence artificielle

Cette transformation ne concerne pas uniquement les technologies de pointe. Elle touche également la relation entre l’État et les citoyens.

La nouvelle version du portail national Idarati en offre une illustration concrète. La plateforme recense 874 services en ligne et 2 533 procédures administratives publiées, avec des parcours intégrés et une information administrative actualisée. L’objectif est de faciliter l’accès aux services publics et de rendre les démarches plus simples et plus cohérentes.

Idarati rappelle ainsi une dimension essentielle de la transformation numérique : derrière les réflexions sur l’intelligence artificielle et la souveraineté technologique se trouve une question très concrète, celle de l’expérience quotidienne des citoyens face à l’administration.

Deux années qui ont élargi le périmètre du chantier

C’est dans cette séquence que s’inscrivent les deux dernières années de travail autour du portefeuille de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, conduit par Amal El Fallah Seghrouchni.

Les Assises nationales de l’intelligence artificielle de juillet 2025, puis les initiatives AI Made in Morocco, JAZARI et JAZARI ROOT, les programmes destinés aux jeunes et aux territoires ainsi que les travaux consacrés à la souveraineté numérique ont progressivement élargi le périmètre de cette transformation.

Avec RallyIA Future Lab, l’intelligence artificielle a également été portée au-delà des grands centres urbains, notamment auprès des jeunes et dans les territoires. L’édition organisée à Merzouga a réuni plus de 1 000 participants.

Le 8 septembre 2026, la présentation de l’état d’avancement de la feuille de route « Maroc pour l’intelligence artificielle 2030 » a marqué une nouvelle étape dans cette trajectoire : celle du passage progressif de la vision à la mise en œuvre et au déploiement.

C’est probablement à ce niveau que se situe aujourd’hui le changement d’échelle : dans la capacité à relier les orientations stratégiques aux initiatives concrètes et à leur déploiement.

La souveraineté numérique, nouvel enjeu stratégique

Au fil de ces chantiers, le numérique devient progressivement davantage qu’une politique de modernisation administrative.

Il touche à la capacité du Maroc à produire ses propres solutions, à développer ses talents, à maîtriser ses infrastructures et ses données, mais aussi à faire émerger une recherche et une industrie technologique en mesure de répondre à ses besoins.

La souveraineté numérique s’impose ainsi comme un axe central de réflexion autour de Maroc Digital 2030. La stratégie avait fixé un cap ; les développements des deux dernières années semblent en avoir progressivement élargi le champ.

L’enjeu consiste désormais à articuler ces différentes dimensions pour construire un écosystème numérique capable de soutenir les ambitions économiques et technologiques du Royaume.

Et maintenant, quel changement d’échelle ?

Le prochain défi sera celui de la concrétisation : transformer les initiatives en usages, les expérimentations en solutions durables, les formations en compétences et la recherche en innovation.

C’est également à ce stade que pourra être mesuré l’impact réel de cette transformation sur les citoyens, les entreprises, l’administration et les territoires.

Le Maroc entre par ailleurs dans une nouvelle configuration gouvernementale. Le 29 septembre 2026, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri Cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel Exécutif.

Cette étape soulève une question de rythme et de coordination : comment accélérer des chantiers numériques qui concernent désormais simultanément l’administration, l’économie, la recherche, l’éducation et la souveraineté technologique ?

Dans ce contexte, le parcours scientifique d’Amal El Fallah Seghrouchni, son expérience de la recherche en intelligence artificielle et les deux années consacrées à la conduite de ce portefeuille constituent des éléments de contexte pour comprendre la trajectoire actuelle du numérique marocain.

Maroc Digital 2030 a posé le cap.
Idarati en traduit une partie dans la vie quotidienne.
AI Made in Morocco en élargit l’ambition.
La souveraineté numérique en redessine désormais les contours.

La question n’est peut-être plus seulement de savoir si le Maroc dispose d’une stratégie numérique, mais jusqu’où celle-ci, désormais mûrie et élargie, pourra conduire le Royaume à l’horizon 2030.

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