À l’heure où le Maroc se prépare à accueillir la Coupe du Monde 2030, l’industrie du sport entre dans une phase de transformation qui dépasse largement le cadre de la compétition. Infrastructures, équipements, technologies, services, formation ou encore événementiel : les besoins générés par cette échéance constituent autant d’opportunités pour les entreprises marocaines et africaines.
Dans cette dynamique, Africa Sports Expo ambitionne de rapprocher les différents acteurs de l’écosystème sportif, en favorisant les rencontres entre entreprises, investisseurs, fédérations, startups et porteurs de projets. Le salon entend également créer des passerelles entre les marchés africains et internationaux et faire émerger des collaborations concrètes.
Avec l’intelligence artificielle, la donnée sportive, l’e-sport et les nouvelles technologies qui redessinent progressivement les métiers du secteur, les perspectives sont nombreuses. Africa Sports Expo souhaite ainsi accompagner cette évolution et contribuer à la structuration d’une économie du sport capable de s’inscrire dans la durée, au Maroc comme à l’échelle du continent africain.
Dans cet entretien, Mehdi Sekkouri Alaoui, Directeur général de Stadia et président de la Fédération Marocaine des Professionnels du Sport, revient sur les ambitions d’Africa Sports Expo, les opportunités liées à la Coupe du Monde 2030, les partenariats recherchés entre les acteurs du secteur et les métiers appelés à se développer sous l’effet des nouvelles technologies. Il partage également sa vision de l’avenir du salon et de l’économie du sport en Afrique.
Que peut apporter Africa Sports Expo aux entreprises et aux investisseurs du secteur sportif africain ?
Mehdi Sekkouri Alaoui : Africa Sports Expo permet aux acteurs du sport de se rencontrer, de mieux comprendre les besoins des marchés africains et de construire des projets ensemble. Un fabricant d’équipements peut y échanger avec un exploitant d’infrastructures, une jeune entreprise technologique avec une fédération, ou un investisseur avec un porteur de projet.
Le salon accueille aussi le grand public. C’est une dimension à laquelle nous tenons : elle permet aux marques de présenter leurs innovations aux pratiquants et aux passionnés de sport, tout en donnant à ces derniers accès à des disciplines, des compétitions et des animations.
À l’approche de la Coupe du Monde 2030, quelles opportunités souhaitez-vous créer pour que le Maroc renforce durablement son rôle de hub sportif en Afrique ?
Mehdi Sekkouri Alaoui : La Coupe du Monde 2030 doit être une belle opportunité pour les entreprises marocaines et pour toute notre industrie du sport. La préparation de cet événement va créer des besoins dans les infrastructures, les équipements, les services, la technologie, la formation et l’événementiel. Nos entreprises doivent pouvoir y répondre, développer leurs compétences et gagner de nouveaux marchés.
Africa Sports Expo peut contribuer à cette dynamique en mettant les entreprises marocaines en relation avec des partenaires africains et internationaux. L’enjeu est que la croissance liée à 2030 bénéficie durablement à notre tissu économique et renforce la capacité du Maroc à accompagner des projets sportifs sur le continent.
Avec 180 exposants issus de 20 pays, quels partenariats ou investissements souhaitez-vous voir émerger à l’issue du salon ?
Mehdi Sekkouri Alaoui : J’aimerais voir naître des partenariats concrets : des accords de distribution, des projets autour des infrastructures, des solutions technologiques déployées auprès de clubs ou de fédérations, ainsi que des collaborations dans la formation et l’organisation d’événements.
La diversité des exposants est une force, car elle réunit des acteurs qui n’ont pas toujours l’occasion de travailler ensemble. Notre réussite se mesurera aussi aux collaborations qui se poursuivront après les quatre jours du salon.
L’intelligence artificielle, l’e-sport et les nouvelles technologies transforment le sport. Quels seront les métiers et activités les plus porteurs ?
Mehdi Sekkouri Alaoui : Je vois un fort potentiel dans les métiers liés à la donnée sportive, à la production de contenus, à la billetterie, à l’expérience des supporters et à la gestion des infrastructures. L’intelligence artificielle peut aider les organisations sportives à mieux comprendre leurs publics et à améliorer leurs services, à condition de répondre à des besoins réels.
L’e-sport ouvre également des perspectives dans la production d’événements, la diffusion et les partenariats avec les marques. Les profils les plus recherchés seront ceux qui sauront associer une bonne connaissance du sport, la maîtrise des nouvelles technologies et une compréhension des modèles économiques.
Au-delà de 2030, quelle est votre vision pour Africa Sports Expo et pour l’économie du sport au Maroc et en Afrique ?
Mehdi Sekkouri Alaoui : Je souhaite qu’Africa Sports Expo devienne un rendez-vous de référence pour les professionnels et les passionnés de sport africains. À terme, je peux aussi imaginer un salon itinérant, qui irait à la rencontre des écosystèmes sportifs dans différents pays d’Afrique. Chaque étape permettrait de mettre en valeur les acteurs locaux et de créer de nouvelles connexions à l’échelle du continent.
Plus largement, le sport doit être considéré comme un secteur économique à part entière. Nous avons les talents, les marchés et l’énergie nécessaires. Notre défi est de mieux relier ces forces, de former les compétences dont le secteur a besoin et de faire grandir des entreprises sportives marocaines et africaines.