Le transport de marchandises poursuit sa transition énergétique avec une nouvelle initiative au Vietnam. Le groupe maritime français CMA CGM, l’équipementier sportif Nike et l’entreprise vietnamienne Gemadept s’associent pour mettre en service une barge 100 % électrique destinée à acheminer des conteneurs entre un site logistique de Nike et le terminal maritime de Gemalink.
Alimentée par des batteries et rechargée grâce à l’énergie solaire, cette embarcation assurera une liaison fluviale de 180 kilomètres aller-retour. Le projet vise à réduire les émissions liées au transport des marchandises en intégrant une solution électrique à la chaîne logistique internationale de Nike.
Une capacité logistique de plus de 50 000 conteneurs
Au-delà de sa motorisation électrique, la barge se distingue par sa capacité de transport. Selon les partenaires, elle pourra acheminer plus de 50 000 conteneurs EVP, une unité correspondant à un conteneur de vingt pieds.
Chaque barge électrique devrait permettre d’éviter environ 778 tonnes de CO₂ par an. Les entreprises comparent cette réduction à l’empreinte carbone annuelle de 95 Français. Ces estimations mettent en avant le potentiel de cette solution pour limiter les émissions associées aux flux logistiques.
Une collaboration engagée depuis 2023
Cette initiative prolonge la coopération entre CMA CGM et Nike, engagée en 2023 autour de la réduction des émissions liées au transport maritime. L’intégration d’une liaison fluviale électrique constitue un nouveau levier pour agir sur l’acheminement des marchandises, en complément des efforts portant sur le transport maritime.
Pour CMA CGM, le projet illustre la diversification des solutions mobilisées pour décarboner le transport, au-delà des seuls navires de haute mer. Pour Nike, il s’inscrit dans une démarche visant à intégrer des options moins émettrices à sa logistique internationale. Gemadept apporte pour sa part son ancrage dans les infrastructures logistiques vietnamiennes.
L’impact environnemental dépendra aussi de l’énergie utilisée
Si la motorisation électrique permet d’éviter les émissions directes liées à la propulsion pendant l’exploitation, le bilan environnemental global dépendra notamment de l’origine de l’électricité utilisée pour recharger les batteries. Il faudra également tenir compte des modes de transport auxquels cette barge se substituera réellement.
En associant capacité de transport et propulsion électrique, CMA CGM, Nike et Gemadept entendent ainsi contribuer à la réduction des émissions dans la chaîne logistique. Le projet souligne le rôle que peuvent jouer les voies fluviales dans la transition énergétique du secteur du transport de marchandises.