Le marché international des smartphones entre dans une phase de concentration sans précédent. Malgré la diversité apparente des modèles et des marques, l’utilisation réelle des appareils révèle un paysage dominé par deux acteurs majeurs : Apple et Samsung. À l’échelle mondiale, près d’un téléphone actif sur deux appartient à l’un de ces fabricants, confirmant une structure concurrentielle désormais largement bipolaire.
Une domination fondée sur la présence réelle des appareils
Apple s’approche du quart du parc mondial en circulation, tandis que Samsung se maintient autour d’un cinquième. Les deux entreprises sont aujourd’hui les seules à avoir franchi le seuil du milliard d’appareils actifs, un indicateur clé qui reflète la présence effective dans les usages quotidiens plutôt que le volume de ventes annuel.
Ce positionnement s’explique notamment par l’allongement du cycle de remplacement des téléphones. Les utilisateurs conservent leurs appareils plus longtemps qu’auparavant, souvent près de quatre ans. Dans ce contexte, les critères déterminants ne sont plus seulement l’innovation ou le design, mais aussi la fiabilité, la durée du support logiciel et la valeur résiduelle sur le marché de seconde main. Les deux leaders disposent d’écosystèmes technologiques cohérents et d’une base d’utilisateurs fidèle, ce qui renforce leur implantation à long terme.
Des challengers nombreux mais dispersés
La concurrence reste dynamique, mais elle demeure éclatée. Plusieurs fabricants affichent des volumes de ventes élevés sans réussir à installer durablement leurs appareils dans les usages mondiaux. Atteindre une influence structurelle exige désormais de dépasser la barre d’environ 200 millions d’utilisateurs actifs, un seuil qui limite l’accès au groupe des acteurs réellement dominants.
Certaines marques progressent néanmoins. Honor s’est récemment rapproché de ce niveau, tandis que d’autres constructeurs comme Motorola ou Realme poursuivent leur expansion à un rythme plus modéré. Cette configuration illustre un changement de logique industrielle : le volume commercial seul ne garantit plus un poids réel dans l’écosystème global.
Google gagne en visibilité
Un autre indicateur notable concerne la présence accrue de Google dans les classements internationaux grâce à sa gamme Pixel. Même si sa part reste autour de 1 %, cette proportion correspond déjà à plusieurs dizaines de millions d’appareils actifs. Cette progression témoigne d’une stratégie axée sur la durabilité logicielle et l’intégration étroite entre matériel et services numériques.
Une industrie arrivée à maturité
L’évolution actuelle traduit une transformation profonde du secteur. Après des années d’expansion rapide et de compétition intense entre de nombreux fabricants, le marché semble entrer dans une phase de stabilisation dominée par quelques groupes capables d’entretenir une relation durable avec leurs utilisateurs.
Dans ce nouvel équilibre, la bataille ne se joue plus uniquement sur l’innovation technique, mais sur la capacité à maintenir un appareil pertinent pendant plusieurs années. Sur ce terrain, Apple et Samsung disposent d’une avance structurelle qui consolide leur position dominante et redessine les règles de la concurrence mondiale.
