À l’approche du Sommet mondial de Johannesburg dédié à la reconstitution du Fonds mondial, un collectif d’associations engagées dans la santé internationale — Solidarité Sida, AIDES, Sidaction, entre autres — dévoile une prise de parole forte signée par l’agence STRIKE.
Le film, révélé cette semaine, s’appuie sur l’action menée le 12 novembre devant le ministère des Finances à Bercy pour alerter sur les conséquences des coupes budgétaires. Dans un climat de repli global, la campagne rappelle un message simple mais essentiel : « Derrière les chiffres, il y a des vies ».
Une création qui détourne l’esthétique des tableurs pour révéler l’humain
La mise en scène du 12 novembre — projection monumentale sur la façade de Bercy et die-in militant — devient la matière première du film. STRIKE en tire une réalisation à la fois visuelle et politique : un dispositif qui détourne les codes froids du tableur pour y faire apparaître des visages, des silhouettes, des existences directement impactées par les arbitrages financiers.
Un contraste volontaire qui transforme l’abstraction budgétaire en réalité émotionnelle.
Un contexte de désengagement qui menace 25 ans de progrès
La prise de parole intervient au moment où l’aide publique au développement atteint un niveau historiquement bas. Les financements internationaux dédiés à la santé reculent fortement, au risque de compromettre un quart de siècle d’avancées et de provoquer jusqu’à 4 millions de décès liés au VIH d’ici 2030, selon ONUSIDA.
À moins d’une semaine de l’ouverture de la Conférence de reconstitution du Fonds mondial à Johannesburg, le collectif choisit d’interpeller frontalement les décideurs.
La France au centre du jeu
Deuxième contributeur au Fonds mondial, la France se retrouve au cœur de l’équation. Les associations demandent non seulement le maintien intégral de l’aide, mais aussi le rétablissement des taxes solidaires dans le projet de loi de finances 2026.
Alors que les États-Unis se désengagent et que plusieurs pays européens réduisent leurs contributions, le collectif appelle l’exécutif à privilégier la solidarité plutôt que le repli. Chaque ligne supprimée dans un budget peut se traduire, rappellent-ils, par des vies perdues — un message que la campagne rend impossible à ignorer.