Une sculpture de cerveau taillée dans la glace a été installée sur la rive sud de la Tamise, à Londres, pour attirer l’attention sur les conséquences à long terme des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Dévoilée par la Stroke Association dans le cadre de sa campagne « Survival Is Not Enough », cette œuvre monumentale entend rappeler que la survie après un AVC ne marque pas nécessairement la fin du combat pour les personnes touchées.
Une sculpture monumentale pour illustrer la fragilité du cerveau
Haute de 2,5 mètres, l’installation a été réalisée à partir de 8,5 tonnes de glace, au terme de 150 heures de travail. Sa conception s’inspire des scanners cérébraux de cinq personnes ayant survécu à un AVC. Parmi elles figure Tayshelice, qui a subi un accident vasculaire cérébral à l’âge de huit ans.
Le choix de la glace donne tout son sens à cette création. À travers ce matériau fragile et éphémère, les organisateurs mettent en évidence la vulnérabilité du cerveau humain et la complexité des conséquences que peut entraîner une lésion cérébrale.
L’œuvre a été dévoilée par l’acteur Josh Whitehouse, dont le père a survécu à un AVC il y a près de vingt ans. Il vit depuis avec une aphasie, un trouble qui affecte sa capacité à communiquer.
Des idées reçues persistent sur les conséquences de l’AVC
La campagne s’appuie également sur une étude commandée par la Stroke Association. Selon ses résultats, 32 % des adultes interrogés au Royaume-Uni ignoraient qu’un AVC constitue une lésion cérébrale. Par ailleurs, 22 % estimaient que la récupération ne durait que quelques mois, voire moins.
Ces résultats soulignent les lacunes qui persistent dans la compréhension de cette pathologie et de ses conséquences à long terme. Pour les personnes qui y survivent, le rétablissement peut nécessiter un accompagnement prolongé, notamment en matière de rééducation et de soutien au quotidien.
L’accompagnement à long terme au cœur du message
Avec la campagne « Survival Is Not Enough », la Stroke Association souhaite attirer l’attention sur les difficultés qui persistent après la phase aiguë de l’AVC. Les conséquences de cet accident peuvent continuer à affecter la vie des survivants et de leurs proches, même lorsque leur pronostic vital n’est plus engagé.
Juliet Bouverie, directrice générale de l’association, souligne que de nombreux survivants et leurs familles restent confrontés à des traumatismes et ne bénéficient pas toujours de la rééducation ni du soutien à long terme dont ils ont besoin.
La campagne entend ainsi élargir la perception de l’AVC au-delà de l’urgence médicale, en mettant l’accent sur les besoins qui accompagnent la reconstruction après l’accident.
Une campagne prolongée par un documentaire
Présentée les 26 et 27 octobre à l’Observation Point, sur la rive sud de Londres, la sculpture s’inscrit dans une initiative plus large de sensibilisation aux conséquences de l’AVC.
La campagne accompagne également le documentaire en deux parties Trauma: My Broken Brain, diffusé sur Channel 4, qui suit le parcours de trois jeunes survivants d’un AVC.
Conçue par Stream Media Group, avec les relations publiques assurées par Taylor Herring, cette opération associe une installation artistique spectaculaire à des témoignages et à des contenus audiovisuels. Son objectif est de rappeler que la prise en charge d’un AVC ne se limite pas à sauver des vies : elle doit également permettre aux survivants de bénéficier du soutien nécessaire pour reconstruire leur quotidien.