En Belgique, la question de l’égalité salariale entre femmes et hommes reste au cœur des débats publics. À l’occasion de l’Equal Pay Day, journée symbolique qui marque la date à partir de laquelle les femmes ont théoriquement rattrapé les revenus annuels des hommes, une nouvelle campagne publicitaire a choisi l’humour noir et la satire pour interpeller l’opinion.
Imaginée par l’agence Mortierbrigade en collaboration avec l’organisation féministe ZIJkant, la campagne repose sur un concept volontairement provocateur : des femmes qui tentent délibérément de commettre de petits délits afin d’être envoyées en prison. Leur objectif ? Accéder à un lieu où, selon la logique du film, le travail est rémunéré de manière identique pour tous.
Un paradoxe utilisé comme point de départ
Le message s’appuie sur une réalité bien connue. Sur le marché du travail belge, les femmes gagnent en moyenne près de 20 % de moins que les hommes dans plusieurs secteurs. Cet écart salarial demeure un sujet majeur dans les politiques d’égalité professionnelle.
La campagne exploite un paradoxe frappant : en milieu carcéral, les détenus qui travaillent perçoivent généralement une rémunération uniforme, sans distinction de genre. Une situation utilisée ici comme point de départ pour construire une critique ironique du système.
Une satire volontairement exagérée
Dans le film publicitaire, plusieurs femmes tentent de se faire arrêter en multipliant les comportements illégaux, espérant être incarcérées. L’idée est poussée jusqu’à l’absurde : si la prison devient le seul endroit où l’égalité salariale est respectée, c’est que le problème se situe ailleurs.
Ce choix narratif s’inscrit dans une tradition de communication engagée qui utilise l’humour et la caricature pour mettre en évidence des injustices sociales. En forçant le trait, la campagne vise à susciter la réflexion et à relancer la discussion autour de l’écart salarial.
Une diffusion large pour relancer le débat
Cette initiative accompagne la 22ᵉ édition de l’Equal Pay Day organisée par ZIJkant. Le film, réalisé par Lionel Goldstein et produit par Czar, est diffusé à la télévision, au cinéma et sur les plateformes numériques, ainsi que via des supports d’affichage digital.
Avec ce dispositif, les organisateurs espèrent rappeler que l’égalité salariale reste un objectif à atteindre dans de nombreux secteurs. À travers une mise en scène volontairement décalée, la campagne invite à une réflexion simple : si l’égalité peut exister derrière les barreaux, elle devrait pouvoir s’imposer partout ailleurs.