À l’occasion du mois de Ramadan, la chaîne 2M introduit dans sa programmation une production originale qui conjugue narration historique et création animée. Intitulée Maghariba Fi Samae | Les Marocains du ciel, cette série inédite s’inscrit dans une stratégie éditoriale visant à valoriser les grandes figures nationales à travers un format court accessible au jeune public. Composée de vingt épisodes de quatre minutes, l’œuvre adopte un rythme adapté aux nouveaux usages audiovisuels tout en conservant une ambition pédagogique affirmée.
Une approche éducative portée par l’animation
Avec ce projet, la chaîne fait le choix d’un langage visuel universel pour transmettre des récits issus de l’histoire du Maroc. Le recours à l’animation répond à un objectif clair : rendre compréhensibles et attractives des trajectoires historiques parfois peu connues du grand public, notamment chez les enfants. Dans un paysage dominé par les productions étrangères, cette initiative s’inscrit dans une volonté de renforcer la présence de contenus locaux capables de proposer des modèles inspirants enracinés dans la mémoire nationale.
L’œuvre se distingue ainsi par son orientation culturelle assumée, mettant en avant des personnalités dont les parcours illustrent l’audace, la créativité ou l’engagement. L’animation devient ici un outil de médiation historique, capable de recréer des contextes d’époque tout en suscitant une connexion émotionnelle avec les spectateurs.
Une diffusion internationale stratégique
La série ne se limite pas à une diffusion nationale. Sa programmation prochaine sur TV5MONDE lui ouvre un accès potentiel à plus de 430 millions de foyers répartis dans plus de 180 pays. Cette exposition internationale constitue un jalon important pour la production audiovisuelle marocaine, en particulier pour le secteur de l’animation, encore en phase de structuration mais en pleine évolution.
Cette exportation marque un tournant symbolique : il s’agit de la première série d’animation marocaine à vocation biographique et patrimoniale destinée à un public mondial. Une étape qui renforce la visibilité du patrimoine culturel du Royaume et confirme l’émergence progressive d’un écosystème créatif local capable de dialoguer avec les standards internationaux.
Touria Chaoui, figure inaugurale d’une galerie de portraits
La première saison met en lumière la trajectoire de Touria Chaoui, pionnière de l’aviation et première femme pilote marocaine et arabe. Le récit s’ouvre sur une scène chargée de sens historique liée au retour d’exil de feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, situant immédiatement l’héroïne dans un contexte national en pleine transformation.
L’intrigue retrace ensuite les étapes déterminantes de son parcours, depuis son éducation jusqu’à son admission dans une école de pilotage réservée aux hommes étrangers. Le scénario insiste sur les obstacles sociaux et institutionnels qu’elle a dû surmonter, proposant une lecture à la fois historique et humaine de son itinéraire.
Une production fondée sur la rigueur documentaire
Le développement de la série s’appuie sur un travail de recherche approfondi mobilisant archives, témoignages et références académiques. Cette démarche vise à préserver l’exactitude historique tout en adaptant le récit aux contraintes d’un format court destiné à un public familial. Le choix esthétique de l’animation 2D, à la fois chaleureux et intemporel, participe à cette ambition en recréant visuellement les époques évoquées.
Selon le fondateur et directeur général d’Artcoustic, Ali Rguigue, le projet traduit la conviction que l’animation nationale dispose aujourd’hui des compétences nécessaires pour produire des œuvres patrimoniales capables de rivaliser avec les standards internationaux.
Un levier pour structurer l’industrie nationale
Au-delà de sa dimension artistique, Maghariba Fi Samae s’inscrit dans une dynamique industrielle plus large. La production a mobilisé une équipe majoritairement marocaine réunissant scénaristes, illustrateurs et techniciens spécialisés. Cette mobilisation témoigne de l’essor progressif d’un secteur qui, longtemps limité à des initiatives isolées, commence à se structurer autour de talents formés aux métiers de l’image animée.
Ce mouvement ouvre de nouvelles perspectives professionnelles pour les jeunes créateurs et contribue à bâtir un tissu audiovisuel local capable de produire des contenus compétitifs. En mettant en avant des récits nationaux dans un format moderne, la série illustre la capacité du média télévisuel à jouer un rôle actif dans la transmission de la mémoire collective.