À l’approche du Nouvel An lunaire, la publicité asiatique revient traditionnellement à ses fondamentaux : la famille, la transmission et le retour au foyer. Une grammaire émotionnelle bien connue, que l’agence vietnamienne The Friday a choisi de bousculer avec une campagne aussi inattendue que jubilatoire pour Viettel Telecom et son service 5G.
Intitulée Oncle Badass, cette aventure met en scène un personnage haut en couleur venu du nord du Vietnam. Apprenant que sa famille est bloquée à l’étranger, l’oncle décide de traverser le pays à moto pour maintenir le lien, coûte que coûte. Le point de départ est classique, mais le voyage prend rapidement une tournure totalement imprévisible.
Tout au long de son périple, le héros accumule les situations absurdes et mémorables : parties improvisées avec des collégiens, ascension involontaire du plus haut sommet du pays, tatouage raté, perte de ses affaires sur une plage, ou encore poursuite de la route vêtu de tenues empruntées à des drag queens. Un humour décomplexé, parfois auto-dérisoire, qui a largement contribué au succès viral de la campagne sur les réseaux sociaux.
Derrière cette succession de scènes loufoques se cache toutefois un message plus profond. La campagne propose une relecture contemporaine du Têt, non plus comme un simple retour physique à la maison, mais comme un moment de connexion et de partage, même à distance. La 5G de Viettel n’est jamais mise en avant de manière frontale : elle accompagne discrètement le récit, facilitant les échanges et rendant possible cette continuité du lien familial.
Ce positionnement trouve un écho particulier auprès d’un public jeune et urbain, dont les familles sont souvent dispersées géographiquement, mais restent étroitement connectées par le numérique. La technologie devient alors un facilitateur d’émotions, et non une fin en soi.
La force de la campagne réside aussi dans sa représentation de communautés rarement mises en avant dans la publicité traditionnelle. Drag queens, tatoueurs, joueurs de rue ou vendeurs de marchés flottants apparaissent comme des rencontres naturelles sur le chemin de l’oncle, dépeintes avec bienveillance et normalité. Un choix éditorial qui ancre le récit dans une réalité sociale plurielle et contemporaine.
Avec Oncle Badass, Viettel réussit à insuffler une dimension humaine et chaleureuse à une marque issue d’un secteur souvent perçu comme technique et distant. Une démonstration qu’au-delà des performances réseau, la communication peut encore surprendre, émouvoir et rassembler.
