Réunis mardi 27 janvier à Rabat autour de la ministre déléguée chargée de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration, Amal El Fallah Seghrouchni, les principaux acteurs publics et privés du secteur ont acté une nouvelle étape stratégique : le renouvellement de l’Offre Offshoring Maroc. Une rencontre conçue comme un temps de cadrage, de projection et de coordination, dans un contexte où l’externalisation des services ne se limite plus aux métiers traditionnels, mais s’oriente de plus en plus vers des activités à haute valeur ajoutée.
L’objectif affiché est clair : faire de l’offshoring un pilier encore plus structurant de l’économie numérique nationale, capable de soutenir la compétitivité du Royaume, d’attirer des investissements durables et de créer massivement des emplois qualifiés sur l’ensemble du territoire.
Un secteur appelé à changer d’échelle
Dans son intervention, Amal El Fallah Seghrouchni a insisté sur le fait que cette nouvelle dynamique ne relève pas d’un simple ajustement, mais d’une refonte en profondeur de l’offre marocaine. Le secteur est appelé à évoluer vers des métiers intégrant davantage de technologie, de compétences avancées et de valeur ajoutée, afin de répondre aux nouvelles exigences des marchés internationaux.
Inscrit au cœur de la stratégie Maroc Digital 2030, l’offshoring affiche déjà des indicateurs solides. À fin 2024, il représentait 148.500 emplois, avec plus de 18.500 créations nettes en deux ans, et des exportations de services culminant à 26,22 milliards de dirhams. Des performances qui confortent le positionnement du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales, mais qui imposent aussi une montée en gamme continue.
Capital humain et innovation au centre du dispositif
Face à une concurrence internationale de plus en plus structurée, le nouveau modèle repose avant tout sur l’investissement dans les compétences. Le renforcement de la formation spécialisée, le développement d’instituts dédiés et l’intégration accrue de la recherche et du développement constituent désormais des leviers centraux pour accompagner l’évolution des métiers de l’externalisation.
L’ambition à l’horizon 2030 est assumée : doubler les revenus à l’export pour atteindre près de 40 milliards de dirhams et porter les effectifs du secteur à 270.000 emplois. Cette trajectoire repose sur la construction d’une offre « Made in Morocco » capable de séduire les grands donneurs d’ordre internationaux par la qualité, la stabilité et la capacité d’innovation.
Des infrastructures pensées pour un développement équilibré
Au-delà des talents, la nouvelle Offre Offshoring Maroc mise également sur des infrastructures modernes, territorialisées et connectées aux dynamiques régionales. Le développement de Tech Valley Offshoring, intégrant pôles économiques, services à forte valeur ajoutée et environnements technologiques avancés, doit permettre d’ancrer durablement le secteur dans plusieurs régions du Royaume et de soutenir une croissance plus équilibrée.
Le cadre incitatif, présenté comme un troisième pilier structurant, vise à offrir aux investisseurs une visibilité claire, des règles stables et des mécanismes d’accompagnement adaptés aux nouvelles réalités du numérique.
Une mobilisation institutionnelle élargie
La rencontre de Rabat a également donné lieu à un panel de haut niveau réunissant notamment Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion Économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Omar Seghrouchni, président de la Commission Nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel, Youssef Chraibi, président de la Fédération Marocaine de l’Externalisation des Services, et Adil Chennouf, président du Directoire du Groupe CDG.
Trois conventions majeures ont été signées à cette occasion, traduisant le passage à une phase plus opérationnelle. Elles portent notamment sur le déploiement de la Prime à la Formation, conçue comme un outil stratégique pour accélérer la montée en compétences, et sur le lancement de nouveaux pôles Offshoring destinés à accueillir des investissements nationaux et internationaux.
Avec cette nouvelle feuille de route, le Maroc affirme sa volonté de faire de l’offshoring un moteur durable de croissance, d’employabilité et de rayonnement économique, à la croisée du numérique, de l’innovation et du développement territorial.