Événement majeur de l’écosystème marketing et communication au Maroc, Les Impériales se tiennent cette semaine à Casablanca, réunissant décideurs, agences, annonceurs et créatifs autour des enjeux qui redessinent l’industrie. C’est dans ce cadre que Amine Bennis, Président de Tribal DDB Casablanca, a livré une intervention marquante, articulée autour d’un constat sans détour : la publicité doit retrouver son attractivité pour redevenir un terrain d’expression créative et de plaisir.
Dans une déclaration exclusive à Mediamarketing, il insiste : « Ce qui va faire que l’industrie pourra redevenir vraiment sexy, c’est de retrouver ce qu’elle était il y a 20 ou 30 ans ». Une époque où, selon lui, la passion structurait le quotidien des professionnels : « Les gens racontaient des histoires, avaient des idées folles et prenaient du plaisir à travailler ».
Mais aujourd’hui, le modèle s’est transformé en profondeur. « On est rentré dans un cycle avec un excès de focus sur la productivité », observe-t-il, évoquant une pression accrue sur les résultats au détriment de la créativité. « On autorise moins les erreurs, on accepte moins le conflit, même intellectuel », ajoute-t-il.
Cette évolution a également fragilisé la relation entre agences et annonceurs. « Il y a beaucoup moins de partenariat avec les clients », souligne Amine Bennis, appelant à reconstruire une dynamique plus équilibrée et plus collaborative.
Au cœur des discussions des Impériales, une conviction s’impose : la nécessité de remettre le collectif au centre. « Si on veut que l’industrie redevienne sexy, on doit retrouver le plaisir de travailler ensemble », affirme-t-il. Une approche qui concerne aussi bien les relations externes que l’organisation interne des équipes.
Ce retour à une logique plus humaine et plus créative passe également par des choix assumés. « Tout n’est pas égal. Il y a des choses importantes et d’autres moins importantes », rappelle-t-il. L’objectif étant de concentrer les efforts sur des projets à forte valeur ajoutée : « Investir du temps pour faire des choses magnifiques qui vont nous faire rêver ».
Mais cette ambition suppose du courage. « Il faut être courageux dans les choix », insiste-t-il. Côté annonceurs : « Un client doit pouvoir dire : je prends des risques sur cette campagne ». Côté agences : « Une agence doit savoir avec quels clients elle veut vraiment travailler ».
Dans cette dynamique, la question du plaisir retrouve une place centrale. « Si on retrouve le plaisir de travailler ensemble, on va retrouver le plaisir de créer », affirme Amine Bennis, convaincu que cette transformation permettra de libérer les équipes. « On aura moins peur de se tromper », ajoute-t-il.
Au-delà des enjeux opérationnels, c’est aussi l’attractivité du secteur qui est en jeu. « Quand on fait des choses qui font rêver, les gens ont envie de revenir faire ce métier », observe-t-il. Une réflexion particulièrement stratégique à l’heure où les nouvelles générations recherchent du sens.
« Les nouvelles générations ont encore envie de créer, d’essayer, d’oser », conclut-il, tout en soulignant la responsabilité des acteurs de l’industrie : « Il faut leur donner un endroit où elles pourront le faire ».
À travers cette prise de parole, portée par la dynamique des Impériales à Casablanca, Amine Bennis esquisse les contours d’une industrie réinventée, fondée sur le plaisir, l’audace et le collectif.