À seulement quelques années d’activité dans le digital, Ayoub Rhillane s’est imposé comme l’un des profils marocains les plus prometteurs de sa génération. Co-fondateur de l’agence de design et de branding Pixagram, et fondateur de Rhillane Marketing Digital (RMD), il orchestre une croissance fulgurante qui relie aujourd’hui Tanger, la Silicon Valley et le Golfe.
Entre stratégies basées sur la data, organisation millimétrée et vision internationale assumée, l’entrepreneur entend transformer son agence en un acteur hybride, à la fois créatif et technologique. À l’occasion de l’ouverture du nouveau bureau de RMD à Dubaï, il revient sur les choix structurants qui façonnent son parcours et sur l’avenir de son groupe.
Pourquoi Dubaï ? Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’installer le nouveau bureau de Rhillane Marketing Digital dans cet émirat stratégique ?
Dubaï coche plusieurs cases importantes pour nous : c’est un marché rapide, exigeant et très orienté résultats. C’est exactement le type d’environnement dans lequel on performe le mieux.
L’écosystème digital y est mature, les entreprises sont ouvertes aux approches innovantes, et la relation business est directe. Le marché du Golfe est en pleine expansion, et Dubaï sert d’entrée naturelle pour accompagner efficacement des projets ambitieux dans la région.
Ce n’est pas un pari. C’est une étape logique pour une agence qui travaille déjà avec des clients internationaux et qui veut être au plus près des zones à forte croissance.
Vous avez commencé par le dropshipping avant de bâtir une agence internationale : quel a été le tournant décisif dans votre parcours ?
Je n’ai pas eu un “moment Hollywood” où tout s’est éclairé. Le tournant a été beaucoup plus simple : j’ai compris que mes compétences en acquisition pouvaient produire de très bons résultats, pas seulement pour mes propres projets, mais aussi pour d’autres entreprises.
Quand tu passes des années à tester, optimiser, scaler, tu finis par identifier des mécaniques qui fonctionnent dans différents marchés. À partir de là, bâtir une agence devenait la suite logique : c’était le moyen le plus cohérent de passer à une échelle plus grande et plus structurée.
Ce n’était pas un changement de direction, mais un élargissement naturel de ce que je faisais déjà
RMD revendique plus de 240 millions de dollars de ventes générées pour ses clients : quelles sont les clés de cette croissance ?
Ce succès repose sur trois piliers très simples :
1. Une approche data-first.
On ne prend aucune décision “à l’instinct”.
Tout est mesuré, testé et optimisé.
2. Des process solides.
Avec plus de 1.600 projets, tu n’avances pas sans une organisation claire et reproductible.
C’est ce qui nous permet d’être rapides sans perdre en précision.
3. Une équipe très impliquée.
Chez nous, chacun prend réellement en charge les projets.
Ce n’est pas juste de l’exécution : c’est une responsabilité partagée de faire performer nos clients.
Ajoutez à ça une lecture business très pragmatique — on regarde le ROI avant tout — et vous obtenez un modèle qui fonctionne de manière cohérente dans différents secteurs et pays.
Quelle est la prochaine étape de votre expansion mondiale ? L’Europe ? L’Asie ?
Deux directions se dessinent naturellement.
1. Riyadh.
L’Arabie saoudite est en train de devenir l’un des marchés les plus dynamiques du monde.
Il y a une vraie demande pour des acteurs orientés performance, et notre modèle y correspond parfaitement.
2. L’évolution vers une agence “SaaS-first”.
C’est un axe majeur : transformer nos process internes — acquisition, SEO, reporting, CRO — en solutions SaaS utilisables par nos clients et nos équipes.
Ce n’est pas juste une extension géographique. C’est une transformation de notre façon de délivrer la valeur.
Comment imaginez-vous Rhillane Marketing Digital dans cinq ans ?
Dans cinq ans, RMD sera une structure hybride : une agence internationale, mais aussi un acteur technologique capable de scaler grâce à ses propres outils.
Concrètement, je vois :
- une présence consolidée dans le Golfe,
- un bureau supplémentaire (probablement Riyadh ou une capitale européenne),
- et surtout une plateforme SaaS qui industrialise ce qu’on fait aujourd’hui manuellement.
L’objectif est simple : être capable d’accompagner beaucoup plus d’entreprises, avec la même précision, mais grâce à la technologie. C’est vers ça qu’on avance.
Par Elmir Barae
