Le paysage médiatique marocain perd l’une de ses voix les plus marquantes. Ali Hassan, de son vrai nom Mohamed El Ouali, journaliste, animateur et critique de cinéma, est décédé lundi 25 août au matin, laissant derrière lui un héritage culturel et audiovisuel considérable.
L’annonce de sa disparition a été relayée par le comédien et réalisateur Mohamed Nadif, qui a exprimé sur les réseaux sociaux sa profonde tristesse : « Véritable pilier de la télévision et de la radio, il aura marqué des générations. Présentateur du journal télévisé en français, animateur de Cinéma du jeudi et de l’émission radiophonique Entr’Acte, il laisse un héritage médiatique précieux. »
Une carrière pionnière dans la médiation culturelle
Entré à la télévision publique en 1964, Ali Hassan s’est imposé par son style sobre et sa voix singulière. Il a présenté durant plusieurs années le journal télévisé en français, contribuant à professionnaliser l’information audiovisuelle au Maroc. Mais c’est surtout à travers Cinéma du jeudi, magazine culte pour plusieurs générations, qu’il a démocratisé l’accès à la critique cinématographique, faisant du septième art un sujet populaire et accessible à tous.
Entre cinéma et engagement culturel
Outre son rôle de critique, Ali Hassan a participé à plusieurs films marocains emblématiques, collaboré avec des cinéastes de renom comme Mohamed Abderrahmane Tazi ou Mostafa Derkaoui, et prêté sa voix à des documentaires et doublages, notamment pour la Revue des actualités filmées du Centre cinématographique marocain (1973-1982).
Son engagement allait au-delà des écrans. Conseiller auprès du ministre de la Communication à la fin des années 1990, membre de commissions d’aide au cinéma et juré dans plusieurs festivals, il a œuvré à la consolidation d’une politique culturelle nationale ambitieuse.
Un héritage vivant
Passeur de culture et chroniqueur de la modernité marocaine, Ali Hassan restera une référence dans la mémoire collective. Les hommages se multiplient, saluant un homme qui, par sa passion et son savoir-faire, a façonné le regard de générations entières sur le cinéma et sur la télévision. Sa disparition laisse un vide immense, mais son héritage continue de marquer le paysage audiovisuel marocain.